Revue de presse Décembre 2025

Dans les kiosques

    • « La psilocybine efficace à long terme contre la dépression ». Deux études américaines sont encourageantes même après une prise unique.
    • « Rêvasser, c’est aussi apprendre ». Thomas Andrillon* montre que le « vagabondage mental » a des effets positifs. Difficile de ne pas penser à la « page d’écriture » de Jacques Prévert* !
    • « 28 jours dans le cerveau d‘une femme ». Manon Dubol et Erika Comasco, chercheuses en neurosciences à Uppsala, expliquent le cycle de l’œstradiol et de la progestérone (450 dans une vie de femme), mais surtout leurs effets surprenants (et bien mal connus) sur le cerveau, entre amélioration des fonctions exécutives* (menstruation, ovulation) et priorité aux émotions (notamment négatives) après l’ovulation. Elles expliquent également les mécanismes de Syndrome prémenstruel* et du Trouble dysphorique prémenstruel*.
    • « L’ovulation, un boost cérébral ». Découvrez les conséquences inattendues de cette période du cycle menstruel !
    • « Une vie au rythme des hormones ». Lucie Joly* et Hugo Bottemanne* présentent les effets psychiques des trois grandes transitions de la vie des femmes (puberté, grossesse et ménopause) et les mécanismes en cause, en insistant sur le fait que ce sont principalement les variations hormonales qui ont un effet négatif sur la santé mentale.
    • « Je reçois des patientes en grande souffrance dont la parole n’est pas entendue ». Si vous ne devez lire qu’un seul article de cette revue lisez ce plaidoyer de Francesco-Bianchi-Demicheli* pour la prise en charge correcte du syndrome prémenstruel* et surtout du trouble dysphorique prémenstruel*. Il en explique les mécanismes (et détruit les fausses croyances) avant de proposer des techniques sérieuses pour prendre en charge la souffrance de ces femmes. Comme le répète obstinément Dominique Megglé* : « La validation est LE traitement de la souffrance ».
    • « Le bonheur est de regarder par la fenêtre ». Eloge de la rêverie et du vagabondage mental par Christophe André*. Offrez-vous régulièrement le plaisir de regarder l’horizon.
    • « Santé mentale, comment se repérer dans la jungle de la désinformation ? » Quelques repères : De quoi parle-t-on (trouble psychiatrique, mal être, etc.) ; qui s’exprime (psychologue, pseudo thérapeute, etc.) pourquoi me donne-t-on cette information (éducation thérapeutique, promotion commerciale, etc.) ; comment l’information est-elle traitée (danger des simplifications abusives) ? Et pour finir mise en garde concernant les réseaux sociaux.
    • « Emotions hydrauliques : stop à la surpression ! » Nathalie Rapoport-Hubschman* nous explique que : « Ce qui agit sur l’émotion, ce n’est pas un mécanisme de décharge, mais la prise de conscience et le processus de mise en mots » et nous invite à écrire régulièrement nos émotions. Ah le journal intime !
    • « Comment ruminer intelligemment ». Yves-Alexandre Thalmann* considère que les ruminations* sont en fait un « avantage adaptatif », à condition d’en tirer parti intelligemment et nous explique comment y arriver, notamment en les réorientant vers la recherche de solutions grâce à la pensée divergente*.
    • « Nous vivons dans la même société mais plus dans le même monde ». Dans cet entretien, à propos de la sortie de son nouveau livre, Gérald Bronner* explique que de tout temps l’homme a voulu imposer ses désirs au réel (immortalité, etc.) mais qu’à présent les progrès de la technologie (IA*, deep fake*) brouillent la frontière entre le réel et la fiction. Seul rempart : le raisonnement scientifique, la rationalité, attaqués de toute part, qu’il va falloir défendre vigoureusement.

Au total : Un numéro important pour la connaissance des répercussions des cycles hormonaux sur la vie psychique des femmes avec un article particulièrement intéressant de Francesco Bianchi-Demicheli*.

    • Un numéro consacré à « La bataille de l’attention ».
    • « Au cœur du cerveau, les différentes formes de l’attention ». Jean-Philippe Lachaux* décrit les interactions entre système exécutif*, système pré-attentif* et circuit de la récompense*, puis aborde le sujet des écrans : « L’hypothèse prévaut que les écrans provoquent une surstimulation des processus d’attention automatique et du circuit de la récompense et entraînent, dans le même temps, un affaiblissement des zones de contrôle, de concentration et de réflexion. » Enfin il plaide pour l’éducation aux techniques de microrésistance.
    • « Addicts aux écrans : une réunion chez les « anonymes ». Entre « prière de la sérénité » et appels à la spiritualité une visite surprenante auprès d’addicts sévères avec l’éclairage de Jacques Besson*.
    • « Le flow, un sommet de concentration ». L’alpiniste Benjamin Védrines donne une illustration très claire du flow*
    • « L’attention est la lampe torche dont la vie nous a dotés ». Dans cet entretien passionnant le philosophe Baptiste Morizot* analyse la différence entre attention et concentration, entre « visée attentionnelle » et « présence » avant d’expliquer comment avec la captologie* les plateformes et les algorithmes entretiennent un état hypnotique permanent aboutissant à l’hypnocratie*. Pour résister il suggère la position du « rêveur lucide », l’éducation et la méditation*.

Au total :  Un numéro intéressant.

    • « Stop à la douleur ! » Un dossier de 10 pages.
      • « Bien utiliser le antalgiques ». Les conseils de base.
      • « Arthrose, sciatique, trop d’idées reçues sur la douleur ! » Des conseils pertinents.
      • « Migraine, agir vite ! » Article correct mais certaines solutions (TENS*) ne sont toujours pas remboursées et d’autres (« Nerivio ») pas encore disponibles. Brève évocation de l’acupuncture*, de la relaxation et de la méditation*, mais rien sur l’hypnose.
      • « Douleurs neuropathiques, ce qui est efficace, ou pas ». Nadine Attal* passe en revue les différentes options (dont l’hypnose) qui marchent et celles qui ne marchent pas (CBD*).

Au total : Correct mais rien de nouveau.

    • « Kama muta, une nouvelle émotion identifiée par un chercheur ! » Un concept décrit par Alan Page Fiske*qui jouerait un rôle social.
    • « Les effets dévastateurs des réseaux sociaux sur le cerveau des adolescents ». Hypersensibilité cérébrale à l’anticipation des récompenses et des punitions sociales. La maturation cérébrale n’est terminée que vers 25 ans…
    • « Déconnexion, pourquoi est-il important pour votre cerveau de faire des breaks ? » Francis Eustache* explique que des phases de repos sont indispensables pour la mémoire, l’attention et la santé mentale. L’hyperconnexion perturbe la qualité du sommeil, augmente le stress et fragment l’attention.  Il termine en proposant des consignes simples.
    • « Méditation, ce que révèle l’imagerie cérébrale ! » Un article très complet sur méditation et neurosciences.
    • « La transe hypnotique sous l’angle des neurosciences ». Excellent article de vulgarisation assez détaillé (07 pages) qui aborde une grande partie des domaines couverts par notre spécialité : étude des mécanismes de la conscience (expérience de surdité hypnotique d’Estéban Munoz-Musat*, Jean-Marc Benhaïem* et Lionel Naccache* en 2022), douleur, stress, hypnosédation*, autohypnose*, association aux TCC*, masques de réalité virtuelle, neurochirurgie, etc. Un seul regret : l’encart sur l’autohypnose* est trop succinct et risque de décourager les lecteur.trice.s.
    • « Quand nos biais cognitifs se confondent avec l’intuition ». Présentation de trois biais cognitifs* par une « coach de vie intuitive » !

Au total : Un excellent article sur l’hypnose que je vous conseille de lire et faire lire.

    • « Faire l’autruche, tout commence dès l’enfance ». Et plus précisément à partir de 07 ans, l’âge de raison est aussi celui de la sélection et de l’évitement des confrontations perturbantes comme l’explique Radhika Santhanagopalan* avec une expérience très instructive qui montre un mécanisme proche du biais de confirmation* et dont une des fonctions est peut-être de fournir une autodéfense émotionnelle pour préserver notre identité personnelle. Pour ma part j’ai immédiatement pensé aux débuts de l’épidémie de SIDA et à ces personnes qui refusaient de faire le test et préféraient rester dans l’ignorance et ne rien changer à leur vie sexuelle et leur espoir de longue vie. Ceci dit à cette époque il n’y avait aucun traitement… ce qui n’est pas le cas par exemple pour le retard pris à montrer à son médecin une masse du sein ! « La première étape, pour ne pas faire l’autruche, c’est de se rendre compte qu’on le fait. »

Au total : Un article intéressant qui ne suffit pas à justifier l’achat.

    • « Les berceuses ne sont pas universelles ». Manvir Singh* remet en question l’hypothèse d’une pratique universelle et pointe le rôle de la transmission culturelle.
    • « Le casse-tête des anxiolytiques ».  Un tableau complet qui pointe particulièrement les risques des benzodiazépines.
    • « La neuroscience du désir ». Un dossier de 12 pages très intéressant. Rôle de la moelle épinière, de l’hypothalamus, différence entre rats et souris, historique (mouvement) des recherches universitaires, etc. Mais attention les recherches sur les animaux ne sont pas directement extrapolables aux humain.e.s.

Au total : Un article intéressant sur neurosciences et sexualité.

    • Un numéro passionnant consacré aux différents aspects du trauma psychique* et à sa prise en charge avec des contributions de très haut niveau mais toujours accessibles.
    • « La mécanique du traumatisme psychique ». René Garcia* nous offre en introduction un article très clair et très détaillé sur ces mécanismes complexes où le cortex préfrontal ventromédian* joue un rôle central.
    • « Pour les victimes, impossible d’oublier ». Lionel Naccache* montre que les mécanismes d’« oubli volontaire » sont altérés dans le Syndrome de Stress Post Traumatique*.
    • « Comment le trauma traverse les générations ». Si vous ne connaissez pas les travaux sur le rôle de l’épigénétique* dans la transmission des traumatismes entre parents et enfants (dès la grossesse) et toutes ses implications vous allez adorer cet article de Rachel Yehuda* particulièrement clair et au fait des dernières études.
    • « La mémoire traumatique est-elle fiable ? » L’utilisation de l’IA* et de l’IRM* pour tenter d’éclaircir un débat sut l’amnésie dissociative* qui divise chercheurs et psychothérapeutes.
    • « Bouger les yeux pour affronter le passé ». Cet excellent article décrit et explique les mécanismes (encore imparfaitement compris) de la prise en charge des traumatismes psychiques par les mouvements alternatifs* dont l’efficacité est maintenant bien établie.
    • « Chagrin d’amour, une pilule pour oublier ? » Sous ce titre provocateur Gérard Lopez* rappelle les travaux d’Alain Brunet* sur l’association psychothérapie et médicaments psychotropes (propanolol) dans la thérapie de reconsolidation de la mémoire*.
    • « Ecstasy, du contexte festif au protocole médical ». Jennifer M. Mitchell* présente les pistes thérapeutiques très prometteuses concernant l’association psychothérapie-MDMA* mais surtout les énormes difficultés rencontrées pour mener à bien ces études.
    • « Ecrire pour sortir du trauma ». J’ai souvent référencé dans mes INFOS le travail de Nayla Chidiac* sur les vertus thérapeutiques de l’écriture et je vous conseille particulièrement ce magnifique article où elle expose parfaitement sa méthode de travail.
    • « L’oubli volontaire, une voie vers l’apaisement ? » Article sur les travaux de Michael Anderson* concernant les capacités de certain.es patient.e.s à oublier des souvenirs et les perspectives thérapeutiques offertes.
    • « Peut-on sortir renforcé d’un trauma ? » Steve Taylor* expose le concept de croissance post traumatique* et ses différences avec la résilience*.
    • « Croissance post-traumatique, vous avez droit à une seconde vie ». Même thème éclairé cette fois par Scott Barry Kaufman*.
    • « Chacun peut trouver un sens aux coups du sort ». Entretien avec Nelly Goutaudier* sur la croissance post-traumatique*.
    • « La parole aide à cicatriser les blessures ». Lisez absolument cet entretien avec Boris Cyrulnik*, même si vous n’êtes pas un.e spécialiste du trauma psychique* il vous permettra, si besoin d’apporter correctement les premiers soins à une personne victime d’un traumatisme psychique*, ne serait-ce qu’en restant près d’elle pour la rassurer et en n’essayant pas de la faire parler avant qu’elle en soit capable (cela peut aggraver le traumatisme !). Boris Cyrulnik* explique magnifiquement les mécanismes du trauma psychique* (y compris la composante génétique) et souligne l’importance des niches sensorielles*, particulièrement dans la période entre la 27 ème semaine de grossesse et le 20 ème mois de vie (parole). Il décrit parfaitement les mécanismes de l’« agonie psychique », l’importance de la parole (au bon moment) et du récit collectif cohérent avec le vécu des victimes et de l’absence de déni sociétal.   
    • « Pour une approche transdisciplinaire du traumatisme ». L’Université Paris Cité montre la multiplicité des équipes et des approches thérapeutiques mises en œuvre en son sein.

Au total Un numéro de référence à conserver dans sa bibliothèque.

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