Revue de presse Juillet 2026

Dans les kiosques

    • Un peu de retard à la lecture de ce numéro… qui peut se présenter aussi avec en couverture la photo de Jack Nicholson en Joker !
    • « Covid long : le désert médical. » Cet article décrit le difficile combat de ces patient.e.s pour faire reconnaître, comprendre et traiter leur pathologie.

Au total : Triste bilan, mais rien de bien nouveau !

    • « Les circuits de l’effet placebo antidouleur identifiés ». Le rôle de la partie ventrale de la substance grise périaqueducale*.
    • « Ados accros aux IA : la réalité qui inquiète ». Une étude détaillée.
    • « Que signifie « être en bonne santé mentale » ? » Une étude qui rappelle qu’« avoir un trouble psychique n’empêche pas forcément d’être en bonne santé mentale » mais sous certaines conditions (relations sociales solides, sentiment d’accomplissement, etc.). Les six conditions considérées comme indispensables (par 90% des personnes interrogées) sont : Le sens, la satisfaction de vie, l’acceptation de soi, le lien social, l’autonomie et le bonheur. Reste à définir le bonheur…
    • « TDAH : le surprenant effet du « sport cog » … » Une étude chinoise montre l’intérêt d’associer activité physique et exercices cognitifs.
    • « Découverte d’une zone cérébrale qui nous fait ressentir ce que nous lisons ». Le rôle de l’insula* postérieure, probablement impliquée aussi dans la réception du discours hypnotique… A vérifier ?
    • « Les ultrasons éteignent la peur au fond du cerveau ». Une action sur l’amygdale*très intéressante pour le traitement des phobies* (en association avec une thérapie…).
    • « Ressourcer son cerveau en été »
      • Un dossier de 20 pages.
      • « Dormir enfin ! » Oui mais pas n’importe comment ! Isabelle Poirot* explique qu’« Au-delà de 1 heure de variation sur le moment du lever entre différentes journées, notre horloge biologique se dérègle : difficultés d’endormissement, sensation de brouillard au réveil, somnolence, irritabilité… ».
      • « Bouger pour muscler son cerveau ». L’activité physique améliore l’oxygénation du cerveau et favorise la libération de BDNF*. Olivier Dupuy* détaille ces effets bénéfiques et la meilleure façon de les obtenir.
      • « Lire, l’atout matière grise ». Recyclage neuronal*, réflexion, mémoire, imagerie mentale*, attention, intelligence émotionnelle*, bibliothérapie*, etc. Sylvie Chokron* nous offre un vibrant plaidoyer, très documenté, pour la lecture à tous les âges : « Le fait de lire pour le plaisir est un moyen non médicamenteux, efficace, accessible et peu coûteux, pour préserver les fonctions cognitives et en réduire le risque de déclin ».
      • « Jouer : joindre l’agréable au cérébral ! » Bridge, puzzle, jeux vidéo, jeux de rôles, Loup Garous, salade de cafards, ni oui ni non, The Game, jeu du sac à dos…, Grégoire Borst* propose de nombreux exemples avec les compétences exercées. Un seul regret : il ne parle que de jeux intellectuels, à quand un article sur les bienfaits cognitifs des jeux physiques ?
      • « Stimuler sa curiosité… et sa plasticité ! » Hélène Sauzéon* expose les apports fondamentaux de la curiosité, ses mécanismes et l’importance de la notion d’écart de connaissance*.
    • « Faire de son TDAH une force, vraiment ? » David Masson* a une position moins optimiste qu’Olivier Revol* (Top Santé juin 2026) et considère que : « Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qu’il ne faut pas minimiser », même si on peut s’en accommoder.
    • « La « walking therapy », marcher pour guérir ». Cet article présente de façon très détaillée cette nouvelle tendance thérapeutique : faire une séance de thérapie en marchant en dehors du cabinet (de préférence au contact de la nature). Elle en expose les références scientifiques et les avantages, mais précise aussi les précautions à prendre, tant sur le plan de la psychothérapie que des conditions techniques. Une piste intéressante à suivre. NB : en TCC* les sorties sont déjà utilisées dans les phobies* mais il s’agit alors d’exposition progressive au déclencheur phobique alors qu’ici le but est d’utiliser les effets cognitifs de la marche pour renforcer la thérapie.
    • « La confiance, c’est avant tout une affaire d’émotions ! » Nathalie Rapoport-Hubschman* rappelle que nos « premières impressions » sont influencées par notre état psychique au moment de la rencontre et nous encourage à cultiver nos émotions positives. D’accord, mais j’aimerais aussi un article rappelant que c’est une méthode de manipulation classique (cf. « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens ». 
    • « Devenir soi-même, quelle arnaque ! » Face aux dérives du développement personnel*, Yves-Alexandre Thalmann* invite à la modestie (face à la nature, l’art, etc.), à cesser de regarder son nombril et à s’ouvrir aux autres.
    • « Comment se pardonner à soi-même ? » Une analyse et des pistes pour sortir de la honte et de la culpabilité.
    • « Comment se motiver pour faire le ménage ». Avec humour Jean-Philippe Lachaux* nous explique le coût d’opportunité* et ses mécanismes et propose d’utiliser la visualisation*, la gamification*, le préengagement* et de se créer une bulle mentale. Il insiste sur l’importance du cortex auditif pour résister aux tentations (radio, podcast) car sa stimulation inhibe la » petite voix intérieure » … Je comprends mieux pourquoi quand je me réveille trop tôt, j’écoute la radio pour stopper mes ruminations* et me rendormir !
    • « Dépression post-partum : enfin un traitement ? » Cet article retrace bien l’évolution dans la compréhension des mécanismes de cette pathologie grave (chute brutale d’hormones neurostéroïdes*, rôle des récepteurs du GABA*) qui touche une jeune mère sur six. Il présente ensuite la révolution thérapeutique due à la zuranolone qui donne des résultats très positifs en quelques jours chez plus de 60 % des patientes (mais sans que l’on sache encore déterminer qui répondra favorablement). Un reproche : aucune mention des psychothérapies associées.
    • « La géométrie est peut-être apparue avant le langage. »  Entretien avec Stanislas Dehaene* qui présente son dernier livre dans lequel il défend brillamment la théorie selon laquelle l’humain aurait découvert la géométrie avant le langage, tout en exposant les notions de compositionnalité* et de discrétisation symbolique*. Pour ma part je me souviens qu’en terminale mon professeur de philosophie a réussi à m’intéresser à sa spécialité en exposant la controverse entre deux écoles de pensée grecques : la première considérait que l’idée de cercle venait de l’observation (un tronc d’arbre coupé par exemple) alors que la seconde faisait remarquer, avec justesse, qu’aucun cercle parfait n’existait dans la nature et donc que pour y voir un cercle il fallait déjà en avoir le concept dans son esprit !

Au total :  Encore un numéro très riche à déguster pendant les vacances.

    • « Syndrome de l’intestin irritable : le snacking peut améliorer les symptômes ». Augmenter le nombre de prises alimentaires en respectant des horaires réguliers et sans sauter le petit-déjeuner. Pourquoi pas en prescription de tache* ?
    • « Masculinisme : comment il menace les femmes ». Une présentation, un peu courte mais intéressante, de ce nouveau fléau.
    • « Pourquoi autant d’usagers de drogues en France ? Les raisons sont multiples (baisse des coûts, livraison à domicile, culte de la performance, contexte anxiogène, etc.) mais l’augmentation concerne surtout les adultes et la cocaïne. Marie Jauffret-Roustide* rappelle que : « Criminaliser les usagers n’est pas efficace : cela stigmatise et éloigne des soins, sans éradiquer les usages. »
    • « Ils ont perdu la mémoire ». Trois témoignages et une analyse de Francis Eustache*. Pour les deux amnésies* post coma traumatique la meilleure solution a été de tirer un trait sur le passé et de repartir en avant. Pour celle due à un SSPT* post viols, une séance d’hypnose a fait remonter les souvenirs, reste le problème de l’impunité du violeur en raison du délai…
    • « Jet-lag, chaleur…Comment réussir à dormir cet été ». Les conseils pratiques de deux spécialistes.
    • « Bien utiliser l’électrostimulation contre la douleur ». Article intéressant où trois spécialistes s’associent pour présenter les mécanismes d’action des TENS* (gate contrôle* et libération d’endorphines*) et détailler les indications et le mode d’utilisation. Petits problèmes : difficulté de prévoir l’efficacité à 100%, délai de rendez-vous auprès des médecins habilités à faire rembourser les appareils, et prix de ceux-ci (avec un maximum de remboursement de 67.23 €).
    • « C’est quoi le syndrome de la belle au bois dormant ? » Présentation du syndrome de Kleine-Levin*, dont j’ignorais l’existence et qui touche 2 à 3 personnes sur un million !
    • « Pour apprendre à mieux respirer ». Article un peu confus où deux spécialistes proposent plusieurs modes de respiration, le plus souvent basés sur l’observation et le ralentissement de la respiration (activation parasympathique*) très classiques. J’ai toutefois noté les bénéfices du chantonnement bouche fermée, du fait de bien vider ses poumons avant d’inspirer quand on a l’impression de manquer d’air, et la prescription de séances d’observation de sa respiration, une main sur le ventre, l’autre sur le thorax.

Au total :  Si vous vous intéressez au TENS*.

    • « D’où vient la douleur chez les femmes ? » Un article court mais percutant qui pointe le rôle de la prolactine et des hormones sexuelles (notamment la testostérone…) mais surtout la domination masculine… Car comme le dit si bien Elora Midavaine* : « La recherche faite par les hommes, pour les hommes et sur les hommes nous a fait négliger un pan entier de la biologie et a grandement retardé une prise en charge adaptée aux patientes. »
    • « Les fœtus sont-ils conscients ? » Oui ! Qu’en aurait pensé Françoise Dolto* ?
    • « Est-ce la fin de l’obésité ? » Non, les analogues du GLP-1* ne règlent pas tous les problèmes d’une pathologie qui touche 2 milliards de personnes. Mais le regard change et François Pattou* le dit bien : « Cela met à mal la croyance bien ancrée que perdre du poids serait une question de volonté : l’obésité est avant tout déterminée par des mécanismes biologiques et ils sont réversibles. »

Au total : un article intéressant, mais, paradoxalement, un peu léger.

    • « Les bienfaits de la marche ».
      • Un dossier de 17 pages.
      • « Anxiété, dépression : quand marcher guérit ». Pour Benoît Bardy* : « Notre cognition-c ’est-à-dire notre manière de penser- est liée à la façon dont nous bougeons. » Les myokines et le BDNF*jouent un rôle important mais le balayage visuel latéral du paysage aussi, ainsi que le rythme du pas : « Les émotions négatives sont antagonistes avec la synchronisation. » L’article présente aussi la walk and talk therapy*, importée des USA, qui me fait fortement penser aux philosophes péripatéticiens !
    • « Des médicaments qui bloquent la douleur à la racine ». Des médicaments analgésiques non opioïdes montrent une réelle efficacité en ciblant directement les nocicepteurs, ce qui diminue fortement le risque d’effets secondaires. La suzétrigine commence à être connue mais d’autres pistes (anti-NGE, protéine TAFA4) progressent également.

Au total : Deux articles intéressants, et un dossier sur la marche.

    • « Comment surmonter la peur de l’échec ? » Une technique originale de prise en charge.
    • « Quand les sociologues font progresser la médecine. Tuberculose, greffes, procréation assistée, cancer, sida, maternité, etc. cet article présente les apports de la sociologie sans éluder les difficultés rencontrées d’autant que la médecine a tendance à s’éloigner de la relation humaine au profit de la technologie…, et l’IA* n’arrange rien ! Mais Christian Bonah* précise bien que : « Ce sont les allers-retours permanents entre les disciplines, qui permettent d’avancer. » Il est temps que nous comprenions que la médecine a besoin des apports des sciences humaines (anthropologie, sociologie, communication, etc.), de la philosophie et de la psychologie et pas seulement des neurosciences !
    • « D’où vient le harcèlement ? » Je vous recommande la lecture de cet article particulièrement bien fait qui analyse en profondeur les mécanismes en jeu et les solutions possibles. Ariane Bilheran* rappelle que le harcèlement est une pathologie de groupe : « Le harceleur a toujours besoin de l’aval d’autres personnes pour harceler. » et que « Psychiquement, le harceleur se sent persécuté. Faute de chercher la raison dans son passé infantile, il la trouve dans l’immédiat en la personne du futur harcelé. » Marie-France Hirigoyen* elle pense que proposer un règlement à l’amiable serait une grave erreur car ce serait reconnaitre un conflit alors que : « Le harcèlement moral se met en place là où justement aucun conflit ne peut exister parce que la parole et le dialogue sont censurés. »

Au total : Deux excellents articles, et un gros dossier sur les élites.

    • « Pourquoi soigne-t-on tant avec des médicaments « non autorisés » ? » Enfin un article qui explique de façon claire et complète les mécanismes de la prescription « hors AMM* » et notamment pourquoi cette pratique est fréquente en psychiatrie.
    • « Comment apprivoiser l’anxiété liée aux soins ? » Excellent article de Chloé Fouché* que je vous invite à diffuser autour de vous.
    • « Mieux dormir quand il fait chaud ». Cet article mélange allègrement une spécialiste reconnue (Sylvie Royant-Parola*) et d’autres beaucoup moins associant homéopathie*, phytothérapie*, aromathérapie*, phytoaromathérapie et une « praticienne en bien-être et beauté » … Une lecture inutile.
    • « Dispositifs médicaux antidouleur en vente libre : bonne ou mauvaise idée ? » Quatre experts répondent : tapis à picots (effet placebo*), bonnets ou masques antimigraine (peu d’études et résultats modestes), bracelets magnétiques (aucune action et des inconvénients !), TENS* (efficace et validé) mais prenez l’avis d’un professionnel de santé et si possible une prescription (partiellement remboursée) par un médecin agréé.

Au total : Trois articles intéressants et un beaucoup moins !

    • « Maria Melchior, santé mentale : l’enjeu social d’une souffrance intime ». Portrait et entretien avec Maria Melchior* qui explique ses recherches et leur dimension éthique : « Être d’un milieu défavorisé double le risque de développer une pathologie mentale. » et « Sur des sujets touchant à l’intime et susceptibles de réveiller des traumas, il faut être vigilants aux questions que l’on pose au cours de nos enquêtes, à la façon dont elles sont reçues. »
    • « Dans les arcanes de la motivation ». Je vous recommande de lire cet article d’Audric Mazzietti* qui explique de façon très claire et documentée la motivation et ses mécanismes : « Être motivé repose sur trois principes essentiels : savoir où l’on va, comment l’on y va et pourquoi l’on y va. » Au passage il rappelle la différence entre motivation intrinsèque et extrinsèque et la théorie de l’autodétermination*. Et pour résumer : « On détruit la motivation en la rendant dépendante d’une récompense (on la transforme en motivation extrinsèque). Un feed-back positif ancre la motivation dans l’individu (c’est la motivation intrinsèque). »
    • « Les démons de l’ennui ». Audric Mazzietti* présente le bore-out*et ses trois piliers : manque de challenge, absence de sentiment d’autonomie et absence de sentiment de compétence.

Au total : Une revue hors de prix, mais un bon article sur la motivation.

    • Ce numéro spécial de 146 pages est consacré à notre prodigieux cerveau.
    • « Le cerveau n’est pas un ordinateur, c’est un organe d’interrelation ». Albert Moukheiber* associe neurosciences, intelligence artificielle et réflexion politique : « Ce qui m’inquiète avec l’IA, c’est sa capacité à exacerber de manière inédite les inégalités entre les humains, et non un fantasme d’inégalité entre l’humanité et la machine. C’est une question de justice sociale. » Mais aussi : « Il n’y a pas de recette neuroscientifique secrète pour le bonheur » et « Se concentrer uniquement sur son cerveau individuel est une impasse. Le vrai enjeu est de créer des environnements -sociaux, professionnels, urbains- qui permettent à tous les cerveaux de s’épanouir. »
    • Outre cet entretien avec Albert Moukheiber* la revue comporte 41 chapitres associant essentiellement des entretiens avec des spécialistes et des articles de synthèse écrits par des journalistes (ainsi que quelques jeux) répartis en 4 grandes catégories :
      • Que se passe-t-il dans ma tête ? Conscience, attention, rêve, etc.
      • Quand notre cerveau nous joue des tours. Biais cognitifs, mémoire, oubli, stress, addiction, etc.
      • Devenir l’allié de son cerveau. Plasticité, maturation, vieillissement, psychologie positive, motivation, etc.
      • Prendre soin de son cerveau. Sport, méditation, sommeil, relations sociales, alimentation, etc.

Au total : Un numéro très riche et très intéressant que je vous conseille d’acheter, une lecture idéale pour continuer à stimuler vos neurones pendant vos vacances.

Par thème

« Ce que le rire d’un bébé révèle sur le développement du cerveau ». Medscape. 23 Juin 2026. Observer, observer, observer !

 
 

« Amélioration de l’évaluation de la conscience et de la cognition par EEG dans les troubles prolongés de la conscience ». Communications medicine. 17 Avril 2026. (Cité par Cérébral). Une avancée très intéressante.

« Accouchement non assisté : le terrible récit d’une maman dont l’enfant est mort in utero faute de soins ». Santé magazine. 17 Juin 2026. Un exemple édifiant des risques majeurs du freebirth*. Tant d’incompétence consterne. En plus la malheureuse mère est psychologue !